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Linky

Nombre de messages: 2522 Age: 20 Localisation: Troyes Date d'inscription: 21/05/2007
 | Sujet: Ephaïre[à lire] Lun 15 Déc - 23:32 | |
| Au début de la vie, une seule et unique race vivait sur le monde d’Azthrall. Il était gouverné par 3 frères qui possédaient chacun un objet magique qui leur conférait le pouvoir. Ils vivèrent ainsi jusqu’au jour où un mage puissant vint s’opposer à leur toute souveraineté. Il réussit à s’emparer de l’un des objets et les trois frères commencèrent à se déchirer sur la direction du monde et le partage des deux autres objets magiques. Ils se dispersèrent et formèrent trois royaumes qui se développèrent sans se côtoyer. Des millénaires passèrent et chaque royaume et leur peuple se transformèrent pour former ainsi trois races différentes. Aujourd’hui, les différents remontent et les guerres éclatent…Carte du monde : Episode 1-1_____ «Rahel, Rahel… réveilles-toi ! Vite ! » Je me retournai dans mon lit, en sursaut, la vision encore floutée par le sommeil. Je reconnus la voix de mon grand frère, Tiliam, qui me tira du lit par la main. « Dépêches-toi ! Prends ton épée et sors. »Me dit-il avant de quitter la maison. Je m’habillai rapidement alors que j’entendis dehors des hurlements et des bruits de métaux s’entrechoquer sur fond de crépitements. J’empoignai alors mon épée et sortis. Là, je m’arrêtai net, les yeux écarquillés puis proche des larmes. Ma mère était au sol, sur le ventre, une flèche dans le dos. Je relevai la tête, déboussolé. Une, deux, trois maisons en feu illuminaient le village au beau milieu de la nuit. Des femmes, des enfants courant dans tous les sens. Des corps inertes jonchaient le sol. Les hommes, les habitants du village, des amis, mon père? Tous combattaient les assaillants. L’un d’eux tomba, transpercé dans le dos par un bandit. D’eux d’entre eux se dirigèrent vers moi, rugissant comme des carnivores assoiffés de chair et de sang. _____Je ne bougeai pas. Ma main droite portant mon épée trembla. J’ai peur… Ils étaient à dix mètres. Je sentis alors une main m’attraper le bras gauche. Je tournai la tête. « Viens ! » Tiliam m’emmena brusquement avec lui, sur le flanc gauche de la maison. Nous courûmes tout droit, vers la palissade entourant le village. Les hurlements des enfants pourfendirent toujours les airs. Les gémissements des femmes, apitoyées, se faisaientt de plus en plus rare au fur et à mesure que le temps passa…_____On s’arrêta alors, Tiliam et moi devant la palissade et il me dit «Suis la palissade, Cours ! Te retournes pas et prends la sortie ! Vas en forêt ! ». Il me poussa en même temps dans la direction de la porte arrière de village quand je vis un, deux, cinq, un groupe entier de bandit entré par cette porte après l’avoir enfoncé. Un bandit tourna sur sa droite, et se trouva alors en face de moi. Je me retournai vers Tiliam qui s’avançait lentement vers les deux bandits qui nous avaient suivis, le bras droit à l’horizontal. A son bout son épée pointant vers eux. « Cours Rahel ! » me répéta-t-il. Je refis alors face au bandit qui était seul avec une torche dans sa main gauche. Il s’avança en trottinant vers moi. Il était petit, la pointe de son épée touchait le sol. La maison sur sa gauche commença à s’embraser. Sans doute les autres bandits qui l’ont enflammé. Mon bras trembla toujours. J’ai une boule au ventre, mais je n’ais plus le choix, je dois l’affronter. Je courus alors dans sa direction, le bras et l’épée en l’air. Le bandit fit de même en jetant sa torche sur la maison à sa gauche. Nous fûmes à quinze mètres l’un de l’autre, puis dix mètres, cinq… _____Le choc fut inévitable. Je fermai les yeux tout en baissant l’épée d’un coup sec vers lui. Au moment du choc, dans un bruit métallique assourdissant, je rouvris les yeux. Je vis la face gauche de son visage illuminé par le feu de maison à coté de nous. L’autre moitié étant dans le noir. Il était barbu, la peau suintant, l’œil rouge. Son visage fut à dix centimètres du mien. Seules nos lames entrelacées nous séparèrent. Sous la force du contact, je fus propulsé en arrière et tombai sur le dos. J’en perdis mon épée. Lui recula d’un bon mètre. Une fois sur ces appuis, il se précipita sur moi pour en finir. Je roulai sur ma gauche pour l’éviter. Il ne toucha que la terre. De mes deux pieds je lui assenai sur chacune de ses chevilles un coup brutal. Il tomba en avant. J’en profitai pour me relever à l’aide de la palissade à ma gauche et pour récupérer mon épée. Je couru alors vers la porte, sans me retourner et la franchis. Tout devint plus noir. La lumière dégagée par les habitations en feu est atténué par la palissade entourant le village. Je continuai de courir, ne distinguant que des formes. Je savais que je fus en forêt, mais où allai-je ?_____Le son des combats s’apaisait alors que je m’enfonçai de plus en plus en forêt. Je ralentissais, le bras gauche en avant, à hauteur de tête, pour éviter les mauvaises surprises. Je regardais le sol pour enjamber les obstacles lorsque mon bras gauche toucha une branche. Elle ne cassa pas et mon bras resta bloqué contre elle. Dans mon élan, ma tête heurta mon bras, alors que mes jambes continuèrent d’avancer. Je fus stoppé net, et tombai sur le dos. Je restai ainsi, immobile, le regard évasif, perdu dans mes pensées, imaginant Tiliam sur le sol, mort. _____Je fus interrompu par l’arrivée d’une lumière douce. La Lune transperça enfin les nuages comme l’épée la chair. Apparition divine annonçant peut-être la fin des combats. Je me relevai. Mes jambes tremblèrent à nouveau. Je regardais autour de moi, l’air inquiet. Des bruits de pas lourds me parvinrent. Le bandit ? Je reculai lentement, tremblotant de plus en plus et épée à la main. Me voila dos à un arbre. J’écartai les bras pour en connaitre la largeur. Il était énorme. Les pas se rapprochèrent et lentement, toujours adossé et les bras écartés, j’en fis le tour. Une fois de l’autre coté, je ramenai mes bras le long du corps et attendis. Il était tout proche. Ma boule au ventre réapparu. Je tremblai toujours de peur, des jambes à la mâchoire. Je tournai ma tête sur ma droite, puis vers la gauche. Je l’entendis il était là, à coté. L’angoisse me prit. Un son de branches cassées me parvint sur la gauche. Je serrai fort mon épée et dans un cri insouciant, je jetai toutes mes forces dans un grand coup d’épée de haut en bas sur ma gauche. Trop court, mon épée toucha le sol et lui était là, en face de moi, sans broncher._____A découvert, le duel put commencer. Je ramenai mon épée à hauteur de taille. Il se jeta alors sur moi avec un coup vertical que je parai en mettant mon épée à l’horizontal. Il continua son mouvement en forçant dans ma direction. Je résistai de toutes mes forces mais il s’avança toujours, montrant les dents et grognant. Je relâchai la pression et m’écartai brusquement sur la gauche. Sous son poids, il tomba en avant. Je regroupai mon courage pour l’attaquer à terre. Je croyais l’atteindre mais il roula sur le coté tout en frappant mon épée de la sienne pour parer mon attaque. Sous le choc, mon épée valsa. Me voila sans défenses. Je ne ressentis que la peur au ventre. Il se releva. Je reculai. Il s’avança vers moi, son épée en avant. Dans mon mouvement, je fus arrêté par un arbre. Il en profita pour se jeter à nouveau sur moi mais je l’esquivai d’un pas chassé sur ma gauche. Son épée se planta dans l’arbre. J’en profitai alors pour aller récupérer la mienne. Une fois en ma possession, je refis face à lui. Il réussit à retirer l’épée mais est toujours de dos. Je courus dans sa direction. A peine fut-il retourné que je fus déjà sur lui et n’eut le temps de réagir. Mon épée entra dans son abdomen et ne fut arrêter que par l’écorce de l’arbre. Il y était accroché. Dans ma rage je lui donnai des coups de genoux dans le ventre et les parties génitales. Mais il était déjà mort. _____Son épée était par terre et du sang coulait de son ventre et de sa bouche. Je lâchai mon épée. Il resta debout contre l’arbre, planté par mon épée. Je reculai, angoissé, effrayé. J’ai tué un homme. Moi, un fermier ne sachant que couper le blé et traire les vaches. J’ai tué un homme par une épée qui n’avait jamais servit, offert par mon père pour mes dix-huit ans. Je pensai à lui. Qu’est-il devenu ? Et Tiliam ? Ne sachant où je fus, je courus sur ma droite. La Lune, impassible, éclaira toujours les arbres. Leurs ombres m’angoissèrent plus fortement. Mon pied droit si prit dans une racine et me voilà de nouveau au sol, à deux mètres d’un grand arbre. Je rampai vers lui, m’y asseyant et m’y adossant. Je tremblai encore. J’ai peur, j’ai froid, j’ai faim. De sommeil, ma tête se pencha en arrière, contre l’arbre. Je fermai alors les yeux et tombai sur ma gauche de fatigue, et m’endormis.edit Iron : Les réactions iciEdit Linky: Bientôt la suite 
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Nombre de messages: 2522 Age: 20 Localisation: Troyes Date d'inscription: 21/05/2007
 | Sujet: Re: Ephaïre[à lire] Mar 16 Déc - 19:19 | |
| Episode 1-2_____Assoupis dans mes rêves, loin de moi, j’entendis les chants des morleaux, des petits oiseaux aux corps bleuté. Ils me sortirent peu à peu de mon sommeil. Lorsque j’ouvris les yeux, la douceur des rayons du soleil transperçant le feuillage réchauffait mon visage. L’aube venait de se lever. Le ciel était rouge, l’atmosphère lourde. Seule la nature semblait en vie, mais mon organisme repris alors le dessus. Mon ventre gargouilla, j’avais faim. Les jambes et le cœur lourds, je partis à la recherche de fruits. Je savais que cette forêt regorgeait d’arbres fruitiers parce qu’on allait souvent en chercher avec Tiliam pour maman. Je m’arrêtai alors un instant… Je revis les moments où nous allions cueillir des fruits. Je me souvins d’une fois quand on était avec Gapard, le chien de papa. Tiliam me portait sur ces épaules pour pouvoir grimper à l’arbre. J’étais alors à califourchon sur une branche pleine de fruits et je la secouai. Les fruits tombèrent et Tiliam essayait de les rattraper mais Gapard s’en était prit un sur le museau et le fruit lui avait éclaté à la gueule. Il en avait partout, le pauvre. Qu’est-ce qu’on avait ri. Je m’étais allongé sur la branche, mes bras l’entourant et je riais. Tiliam lui, était plié en deux. Mais on n’avait pas ri longtemps. Gapard s’était enfui de peur. On l’avait pas retrouvé et en rentrant papa nous avait passé une de ces roustes… _____Avec un léger sourire, je repris mon exploration. Sur ma gauche je vis alors une baie de gorades, des petits fruits de couleur violette en forme de poire. Leur saveur fut assez particulière. Ils avaient un goût sucré mais après quelques secondes, un picotement assez intense vint titiller la langue et le palet. Cela donna des frissons. J’adorai. Pendant ma dégustation, la faune commençait à s’éveiller. Les oiseaux chantaient, les chevreuils et les joubons se promenaient, les insectes volaient… et le ciel abandonna sa couleur rouge orangé. Le soleil fut déjà assez haut, aujourd’hui il faisait beau. Après avoir dépecé la baie de ces fruits, je continuai ma promenade. Un arbre fruitier se trouvait alors sur ma route, c’était un trichêne. Je décidai d’y grimpé et d’y déguster ces glands particulier. Un fruit était égal à trois glands : un gland sucré, un gland amer, un gland salé. Après fus-je rassasié, je redescendis de l’arbre et poursuivis ma voie._____Je ne savais pas du tout où j’allais, mais après un petit moment de marche je me retrouvai à la lisière de la forêt. Devant moi, une vaste plaine. Je ne reconnu pas du tout ce tableau. Je décidai de longé la forêt sur ma gauche. Quelques instants plus tard, je me retournai brusquement. Des bruits de galops me parvinrent. Aucun moyen de me caché en forêt, elle est trop dense à cet endroit. Alors que j’essayai coute que coute d’y pénétrer, les chevaliers apparurent. Ils s’arrêtèrent à mon niveau. Ils étaient une bonne vingtaine, c’est à ce moment que leur chef m’interpella :- « Que fais-tu là tout seul, petit ? » me dit-il d’une voie grave et résonante. - « Je … Je me suis évadé de mon village pen… pendant l’attaque des bandits. » Cafouillai-je. - « Tu viens de Tipal ? » Je fis un signe oui de la tête. Après quelques secondes de silence, leur chef continua : - « Je suis Ebert, petit, capitaine de la deuxième cavalerie du Roi. Nous revenons de Tipal. Tous les bandits se sont enfuis à notre arrivé. Nous n’avons retrouvé qu’une survivante. » Il fit alors signe de la main et un cavalier s’approcha de nous avec quelqu’un devant lui, enveloppé dans une couverture. Je reconnu son visage. C’était Lylia, la fille du père Lonard. Ebert parla alors à l’un de ses cavaliers : - « Jukan ! Emmène-le. » Jukan m’aida à monter sur le cheval et une fois en route, Ebert me parla une nouvelle fois : - « Au fait, comment tu t’appelles ? » - « Rahel » répondis-je. - « Eh bien Rahel, nous allons à Ternath ». Mes yeux s’écarquillèrent. Ternath, la capitale. Jamais je n’y étais allé._____Pendant notre chevauché, Lylia se trouva à un moment à coté de moi. Je la regardai, elle fit de même. J’en profitai pour lui faire un signe de la main. Elle m’imita avec un léger sourire. Je souris également. Mon cavalier accéléra alors pour rejoindre la tête du groupe. Nous arrivâmes en haut d’une côte. En contrebas, Ternath. La plus grande ville du royaume de Leknart. Les habitations s’étendaient le long de la rivière qui la traversa avec au milieu l’immense forteresse circulaire qui enveloppa la moitié de la ville. Au centre, une grande bâtisse attira l’œil, sans doute le palais du roi._____Nous descendîmes en direction de la forteresse. Les portes à l’entrée s’ouvrèrent à notre arrivée. Je regardai à droite, à gauche. Tous me paraissaient immenses. Nous étions dans une longue rue. Les habitants arrêtèrent leurs occupations pour nous regarder passer, et saluer la cavalerie. Nous arrivâmes alors sur une grande place et nous nous y arrêtâmes. Lylia et moi descendirent de nos chevaux respectifs. Ebert s’avança vers nous : - « Voila, vous êtes en sécurité désormais. Je vous laisse ici, je dois aller faire mon rapport au roi. Lylia, vas au couvent, les nonnes t’accueillerons. Rahel, je ne peux pas t’aider plus. Sois seulement là demain, au rassemblement de neuf heures. »_____Ebert partit en direction du palais, ces cavaliers suivirent. Lylia se tourna alors vers moi, pour me dire au revoir. Elle ne me parla pas, elle s’approcha seulement pour me faire une bise sur la joue. Après, je la regardai partir, immobile, frissonnant. Un vieillard m’interpella alors. Il était assis au pied d’un mur. Barbe blanche, béret et enveloppé dans une couverture marron. Il me fit signe de me rapprocher. Comme je ne savais quoi faire, j’obéis. Je m’asseyais à coté de lui et il me parla : - « Tu viens de la campagne, n’est-ce pas ? » Je fis signe oui de la tête. Il continua : - « Tu sais, aujourd’hui, tous les habitants du royaume rejoignent les villes pour leur sécurité. C’est la guerre, Léhmarr brule et pille tous les villages et revendique le trône de Leknart. Certains villages se rallient à l’ennemi, par peur… » Je l’interrompis : - « Pou…pourquoi, vous me dites cela ? » - « Parce que Leknart est en guerre. S’ils t’ont ramené ici, ce n’est pas par hasard. Le roi va lancer une grande offensive sur Léhmarr. Prépares-toi car Léhmarr à le soutient de Kershyl.» Je regardai le sol. Le vieil homme me prît l’épaule et me chuchota à l’oreille : - « Sois fort ! Penses à tes proches et la mort ne t’effraiera pas. » Je le regardai soudainement, silencieux, d’abord étonné puis mon visage commença à se plisser, mes yeux à s’humidifié. Le Soleil se coucha peu à peu, les nuages s’épaissirent et amplifia l’arrivée de la nuit. Le vieillard m’offrit une pomme et sa couverture avant de partir. J’enfilai la couverture car la pluie commença à tombé. Les gouttes d’eau glissèrent sur mon visage et se mêlèrent à mes larmes. J’avais peur ! Peur du lendemain, du futur, de cet endroit inconnu. Je me mettais à l’abri sous un haut-vent en bois, laissant la pomme sur place. Le sommeil m’emporta et je repensai aux bons souvenirs que j’avais avec papa, maman, Tiliam et les autres…_____Je me réveillai en sursaut, le cœur battant. Une sonnerie déchira l’air sans altéré les allées et venues des passants. Les nuages de la veille ont laissés place au Soleil. Il est déjà tard. Je me souvins alors des paroles d’Ebert et du rassemblement. Je demandai la direction du palais royal à un commerçant et m’y rendis. Là, des milliers de soldats, de cavaliers, et d’homme comme moi, ne sachant où se mettre. Quelqu’un prit alors la parole : - « Soldats de Leknart ! Aujourd’hui sera un jour historique, un jour où nos femmes, nos enfants seront fier de vous car aujourd’hui sera le jour de la victoire. Nous allons renvoyer ces traitres de la ville de Léhmarr dans l’oubli. Pour le roi ! » - « Pour le roi ! » répéta tout le monde en cœur. Un soldat m’emmena alors avec lui et avec d’autres hommes dans la même situation que moi vers une grande bâtisse à coté du palais. C’était l’armurerie. Je me laissai entrainer par l’hystérie tout autour de moi. Je ne me débattais pas, je ne parlai pas. Peu de temps après je me retrouvai dans les rangs à coté de soldats avec une armure, un casque, une épée et un bouclier._____Ternath se vida alors de ses soldats. Sur notre passage, les femmes et les enfants nous lancèrent des fleurs. J’étais sur le coté gauche de mon régiment. Seule une rangée de soldats me sépara de la foule. Nous quittâmes la ville par la grande porte Ouest. Une journée de marche nous attendait. Tout au long de notre avancée, des champs guerriers résonnaient. Nous nous arrêtâmes dans la petite ville déserte de Gilhall pour passer la nuit. Je m’endormis près d’un feu de camp et entouré par mes compagnons d’infortune. Le lendemain matin nous fûmes réveillés de bonne heure. Le ciel était rouge, annonçant la couleur de jour. Après un bref petit déjeuné, nous repartîmes. Trois heures plus tard, les montagnes d’Arhsoul apparurent, à ces pieds Léhmarr, troisième ville de Leknart. Petites maisons accolées entourant la résidence principale avec une tour centrale assez haute. Nous voilà désormais aux pieds de la ville. Il n’y avait aucunes défenses, nos ennemis nous attendant à l’intérieur de la cité, la meilleure défense. _____J’étais à peu près au milieu de l’armée. Heureusement, j’avais peur de me retrouver devant, à la merci des archers. Il y avait une allée sur la gauche juste après un compagnon inconnu. Le capitaine passa et s’écria : - « Vous voilà face à votre destin, le destin de votre royaume. Vous combattrez jusqu’à la mort pour l’honneur de votre peuple, pour l’honneur de votre roi… » Il était maintenant trop loin pour que je puisse l’entendre. Je ressentais l’effroi dans nos rangs. Nous avions en face de nous des rues désertes. Je me posai des questions : « Où peuvent-ils se cacher ? L’armée de Kershyl est-elle là ? » Je n’avais évidement aucunes réponses. Je regardai partout autour de moi. Mon compagnon de droite tremblait. Je regardais à ces pieds. Ces sabots et le sol étaient mouillés. Je ne ressentais pas la peur de mourir, mais de décevoir, de me sentir inutile. D’être inutile si je mourrai sans tuer un ennemi. Ce sentiment me jeta un glas. Des cris sanguinaires nous parvinrent de l’avant. Au milieu on pouvait distinguer : « A l’attaque ! », « Pour le roi ! ». C’était partit. Je m’appelle Rahel, j’ai 21 ans. Je suis fils de fermier et me voici enrôlé de force pour la guerre et pour l’honneur de mon royaume.
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