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 Ephaïre [ A lire ]

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Linky



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MessageSujet: Ephaïre [ A lire ]   Jeu 23 Avr - 14:06

Ephaïre




Carte du monde



Episode 1-1 : Réveil difficile

_____« Rahel, Rahel … réveilles-toi ! Vite ! » Je me retournai de mon lit, en sursaut, la vision encore floutée par le sommeil. Je reconnus la voie de mon grand frère, Tiliam, qui me tira du lit par la main. « Dépêche-toi ! Prends ton épée et sors ! » Me dit-il avant de sortir à son tour. Je m’habillais rapidement et pendant ce temps, je commençais à douter au fond de moi. Des cris et des sons étranges résonnaient faiblement dans la maison. Me voila maintenant habillé, je pris mon épée de sous mon lit, me chaussai et me dirigeai à la porte que j’ouvris lentement. Une lueur rouge orange se dégageait alentour : des maisons brulaient. On entendait le bois crépiter mais ce n’était pas tout. Des hommes se combattaient au milieu de ce feu et des cris des femmes et des enfants. Je continuai alors d’ouvrir la porte dans l’effroi de tout ce spectacle. Mais je n’avais encore rien vu. Ma mère était au sol, sur le ventre, une flèche dans le dos. Je devins pâle, plongé dans l’horreur et les souvenirs qui me revenaient comme des flashs aveuglant, faisant oublier tout le reste. Vingt ans de ma vie passèrent devant mes yeux.

_____Je ne savais pas combien de temps je suis resté sur le palier de la porte mais une voie connue me sortit de mes rêves. « Rahel, viens ! » Je revis alors soudainement la scène d’apocalypse devant mes yeux. Deux personnes se dirigeaient vers moi, l’air enragé, épée à la main. Une main me prit le bras gauche et je sursautai et me retournai. Tiliam était là et m’emmena avec lui sur le flanc gauche de la maison. Nous courûmes tout droit, vers la palissade entourant le village. Les hurlements des enfants pourfendirent toujours les airs. Les gémissements des femmes, apitoyées, se faisaient de plus en plus rares au fur et à mesure que le temps passa…

_____On s’arrêta alors, Tiliam et moi devant la palissade et il me dit : « Suis la palissade, Cours ! Te retournes pas et prends la sortie ! Vas en forêt ! » Il me poussa en même temps dans la direction de la porte arrière du village quand je vis un, deux, cinq, un groupe entier de bandit entré par cette porte après l’avoir enfoncé. Un bandit tourna sur sa droite, et se trouva alors en face de moi. Je me retournai vers Tiliam qui s’avançait lentement vers les deux bandits qui nous avaient suivis, le bras droit à l’horizontal. A son bout son épée pointant vers eux. « Cours Rahel ! » me répéta-t-il. Je refis alors face au bandit qui était seul avec une torche dans sa main gauche. Il s’avança en trottinant vers moi. Il était petit, la pointe de son épée touchait le sol. La maison sur sa gauche commença à s’embraser. Sans doute les autres bandits qui l’ont enflammé. Mon bras droit, portant mon épée commença à trembler. Je ne savais pas ce que je devais faire : retourner auprès de Tiliam puis au cœur des combats, ou en duel face à un ennemi puis m’échapper.

_____Je me dis alors : « Si je retourne auprès de Tiliam, il va nous attaquer par derrière. Il faudra de toute façon le combattre.» Je restais alors face au bandit. Je regroupais le peu de courage qui me restait pour l’affronter et courir dans sa direction, le bras et l’épée en l’air. Il fit de même en jetant sa torche sur la maison à sa gauche. Nous fûmes à quinze mètres l’un de l’autre, puis dix mètres, cinq …

_____Aucun retour en arrière n’était possible. Je fermai les yeux tout en baissant l’épée d’un coup sec vers lui. Au moment du choc, dans un bruit métallique assourdissant, je rouvris les yeux. Je vis la face gauche de son visage illuminé par le feu de maison à coté de nous. L’autre moitié étant dans le noir. Il était barbu, la peau suintant, l’œil rouge. Son visage fut à dix centimètres du mien. Seules nos lames entrelacées nous séparèrent. Sous la force du choc, je fus propulsé en arrière et tombai sur le dos. J’en perdis mon épée. Lui recula d’un bon mètre. Une fois sur ces appuis, il se précipita sur moi pour en finir. Je roulai sur ma gauche pour l’éviter. Il ne toucha que la terre. De mes deux pieds je lui assenai sur chacune de ses chevilles un coup brutal. Il tomba en avant. J’en profitai pour me relever à l’aide de la palissade à ma gauche et pour récupérer mon épée. Je couru alors vers la porte, sans me retourner et la franchis. Tout devint plus noir. La lumière dégagée par les habitations en feu est atténué par la palissade entourant le village. Je continuai de courir, ne distinguant que des formes sombres dans le noir.

_____Le son des combats s’apaisait alors que je m’enfonçai de plus en plus en forêt. Je ralentissais, le bras gauche en avant, à hauteur de tête, pour éviter les mauvaises surprises. Je regardais le sol pour enjamber les obstacles lorsque mon bras gauche toucha une branche. Elle ne cassa pas et mon bras resta bloqué contre elle. Dans mon élan, ma tête heurta mon bras, alors que mes jambes continuèrent d’avancer. Je fus stoppé net, et tombai sur le dos. Je restai ainsi, immobile, le regard évasif, perdu dans mes pensées, imaginant Tiliam combattant avec force et courage.

_____Je fus interrompu par l’arrivée d’une lumière douce. La Lune transperça enfin les nuages comme l’épée la chair. Apparition divine annonçant peut-être la fin des combats. Les ombres alentour devenaient plus claires, apparaissant désormais gris dans le noir de la nuit. Je me relevais alors soudainement : des bruits de pas me parvinrent. Je tremblai de nouveau, j’étais inquiet et je regardais tout autour de moi. Je reculai lentement face au bruit lorsque je fus stoppé par un arbre. J’écartai les bras pour en connaitre la largeur : il était énorme. Les pas se rapprochèrent et lentement, toujours adossé et les bras écartés, j’en fis le tour. Une fois de l’autre coté, je ramenai mes bras le long du corps et attendis. Je tremblai toujours de peur, des jambes à la mâchoire. Je tournai ma tête sur ma droite, puis vers la gauche et je l’entendis, il était là, à coté. Je serrai fort mon épée et dans un cri insouciant, je jetai toutes mes forces dans un grand coup d’épée de haut en bas sur ma gauche. Je ne touchais que le sol et il n’y avait personne.

_____Un son de branche cassé me parvint derrière moi. Je me retournai d’un coup d’épée circulaire qui emmena avec elle la sienne contre l’arbre. Il était là, face à moi. Le même que tout à l’heure. Il me dit d’une voie rauque : « Je vais te taillader comme on ouvre un cochon, insolent ! Sale môme ! » Je ramenai alors mon épée à hauteur de taille. Il se jeta sans attendre sur moi avec un coup vertical que je parai en mettant mon épée à l’horizontal. Il continua son mouvement en forçant dans ma direction. Je résistai de toutes mes forces mais il s’avança toujours, montrant les dents et bavant. Je relâchai la pression et m’écartai brusquement sur la gauche. Sous son poids, il tomba en avant. Je regroupai mon courage pour l’attaquer à terre. Je croyais l’atteindre mais il roula sur le coté tout en frappant mon épée de la sienne pour parer mon attaque. Sous le choc, mon épée valsa. Le peur m’envahit soudainement d’un coup. Me voila sans défenses. Il se releva et s’avança vers moi, l’épée en avant, tandis que je reculai. Dans mon mouvement, je fus arrêté par un arbre. Il en profita pour se jeter à nouveau sur moi mais je l’esquivai d’un pas chassé sur ma gauche. Son épée se planta dans l’arbre. J’en profitai alors pour aller récupérer la mienne. Une fois en ma possession, je refis face à lui et courus dans sa direction. Il réussit à retirer l’épée mais est toujours de dos. A peine fut-il retourné que je fus déjà sur lui et n’eut le temps de réagir. Mon épée entra dans son abdomen et ne fut arrêter que par l’écorce de l’arbre. Dans ma rage je lui donnai des coups de genoux dans le ventre et les parties génitales. Mais il était déjà mort.

_____Son épée était par terre et du sang coulait de son ventre et de sa bouche. Je lâchai mon épée. Il resta debout contre l’arbre, planté par mon épée. Je reculai, angoissé, effrayé. J’ai tué un homme. Moi, un fermier ne sachant que couper le blé et traire les vaches. J’ai tué un homme par une épée qui n’avait jamais servit, offert par mon père pour mes dix-huit ans. Je pensai à lui. Qu’est-il devenu ? Et Tiliam ? Ne sachant où je fus, je courus sur ma droite. La Lune, impassible, éclaira toujours les arbres. Leurs ombres m’angoissèrent plus fortement. Mon pied droit si prit dans une racine et me voilà de nouveau au sol, à deux mètres d’un grand arbre. Je rampai vers lui, m’y asseyant et m’y adossant. Je tremblai encore de peur et de froid. J’avais faim. De sommeil, ma tête se pencha en arrière, contre l’arbre. Je fermai alors les yeux et tombai sur ma gauche de fatigue, et m’endormis.


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MessageSujet: Re: Ephaïre [ A lire ]   Ven 7 Aoû - 15:27

Episode 1-2 : Fils de Leknart

____Assoupis dans mes rêves, loin de moi, j’entendis les chants des morleaux, des petits oiseaux aux corps bleuté. Ils me sortirent peu à peu de mon sommeil. Lorsque j’ouvris les yeux, la douceur des rayons du soleil transperçant le feuillage réchauffait mon visage. L’aube venait de se lever. Le ciel était rouge, l’atmosphère lourde. Seule la nature semblait en vie, mais mon organisme repris alors le dessus. Mon ventre gargouilla, j’avais faim. Les jambes et le cœur lourds, je partis à la recherche de fruits. Je savais que cette forêt regorgeait d’arbres fruitiers parce qu’on allait souvent en chercher avec Tiliam pour maman. Je m’arrêtai alors un instant… Je revis les moments où nous allions cueillir des fruits. Je me souvins d’une fois quand on était avec Gapard, le chien de papa. Tiliam me portait sur ces épaules pour pouvoir grimper à l’arbre. J’étais alors à califourchon sur une branche pleine de fruits et je la secouai. Les fruits tombèrent et Tiliam essayait de les rattraper mais Gapard s’en était prit un sur le museau et le fruit lui avait éclaté à la gueule. Il en avait partout, le pauvre. Qu’est-ce qu’on avait ri. J’avais du mal à rester sur la branche. Mais on n’avait pas ri longtemps. Gapard s’était enfui de peur. On l’avait pas retrouvé et en rentrant papa nous avait passé une de ces roustes…

____Avec un léger sourire, je repris mon exploration. Je ramassai un long bâton pour m’aider à supporter la lourdeur de mes jambes lorsque sur ma gauche je vis une baie de gorades, des petits fruits de couleur violette en forme de poire. Leur saveur fut assez particulière. Ils avaient un goût sucré mais après quelques secondes, un picotement assez intense vint titiller la langue et le palet. Cela donna des frissons. J’adorai. Pendant ma dégustation, la faune commençait à s’éveiller. Les oiseaux chantaient, les chevreuils et les joubons se promenaient, les insectes volaient… et le ciel abandonna sa couleur rouge orangé. Le soleil fut déjà assez haut et aujourd’hui il faisait beau. Après avoir dépecé la baie de ces fruits, je continuai ma promenade. Un arbre fruitier se trouvait alors sur ma route, c’était un trichêne. Je décidai d’y grimpé et d’y déguster ces glands particulier. Un fruit était égal à trois glands : un gland sucré, un gland amer, un gland salé. Après fus-je rassasié, je redescendis de l’arbre et poursuivis ma voie.

____J’arrivai à un endroit que je ne connaissais pas. Devant moi s’avançait une longue pente faible qui semblait interminable : je n’en vis pas le bout. J’avais à peine commencé la descente que derrière moi la forêt s’agitait. Je me cachai derrière un arbre et regardai par-dessus une branche basse. Là s’étendait la pente douce qui remontait et je ne voyais rien de ce qui se passait, mais des bruits inhabituels se faisait de plus en plus près. Un homme surgit alors de derrière un fourré à une centaine de mètre de moi et il était poursuivit par un cavalier qui n’attendit pas plus pour l’arrêter d’un javelot dans le dos. Puis d’autres surgirent : des hommes toujours poursuivis par des cavaliers. Certains passèrent près de moi et je reconnu alors que c’était des cavaliers de Leknart qui portaient l’écusson de notre royaume sur leur armure. Ils poursuivaient les bandits de cette nuit. La haine et le feu brulèrent en moi et sans réfléchir je donnai un coup de bâton dans le ventre d’un bandit qui passait juste à coté de moi. Il se pencha alors en avant et je lui donnai un coup de genou en pleine tête. Du sang gicla de son nez et il tomba par terre sur le dos.

____Un cavalier s’arrêta à ma hauteur et descendit de son cheval. Il me regarda de bas en haut, d’un air froid et de la haine plein les yeux. Il regarda ensuite le bandit, le visage ensanglanté et lui transperça le cœur avec son épée. Un autre cavalier approcha, de plus haute stature et une armure d’argent. Il resta sur son cheval et m’adressa la parole, d’une voie puissante et autoritaire :
- « Qui es-tu ? Et que fais-tu là ? »
J’étais impressionner devant tant de prestance et mis du temps à répondre, ce que je fis, en hésitant :
- « Je m’appelle Rahel, je viens de Tipal. »
- « Comme tu peux le voir, tous les bandits qui ont attaqué le village sont pourchassés et massacrés, mais nous en avons retrouvé un déjà mort en forêt, tu sais pourquoi ? »
- « Euh oui … il m’a poursuivit et j’ai dus le tuer pour m’échapper. »
Le chevalier se tut alors et me regardai froidement dans les yeux. Après quelques secondes qui parurent des heures pour moi, il dit :
- « Bien, petit ! Je suis Ebert, capitaine de la deuxième cavalerie du Roi et je te crois, mais tu ne peux rester ici indéfiniment. »
Ebert appela alors un cavalier, d’un signe de la main, et lui ordonna :
- « Jukan, emmène-le ! »

____Je n’avais pas vraiment le choix. Moi même je préférai partir avec eux, plutôt que d’errer dans cette forêt, sans réel but. Jukan m’aida à monter sur le cheval, bien je puis y arriver seul. Nous partîmes, Ebert, Jukan, deux autres cavaliers et moi vers le bas du dénivelé, passâmes un ruisseau avant de remonter à l’autre rive. Les corps des bandits jonchaient le sol. Ils étaient tous massacrés. D’autres cavaliers rejoignaient les rangs du capitaine qui avancèrent aussi vite que la forêt le permis.

____Arrivés à la lisière de la forêt, Ebert ordonna le rassemblement. Des cavaliers pourchassaient toujours des bandits dans les plaines qui s’avançaient désormais devant nous. Quelques minutes plus tard, ils revinrent, la tâche accomplit. Tous étaient autour du capitaine. Seul un cavalier était tombé dans la forêt, porté maintenant par un cheval d’un autre cavalier. Une fois tout le monde rassemblé, Ebert pris la parole :
- « Très bien, mission réussit ! Retournons à Ternath. »

____J’écarquillai alors les yeux. Ternath, la capitale ! Je n’y suis jamais allé, mais j’en ai déjà entendu parler. Tous parlaient d’une ville immense, et d’une beauté rare, comme il en existe aucune autre dans le royaume. Je me pris à rêver et à imaginer la ville. Pendant ce temps la cavalerie était déjà en route.

____Le temps passa rapidement et je fus surpris de voir au bout d’un moment, à coté de moi, un cavalier avec une personne enveloppé dans une couverture et qui paraissait frêle. Seul son visage était visible et lorsque qu’elle tourna la tête vers moi, je fus étonné de voir le visage de Lylia, la fille du père Lonard, le boulanger du village. Alors que je la regardais, elle tourna la tête vers moi. J’en profitai pour lui faire un signe de la main, avec un léger sourire du coin des lèvres, un peu niaisement, il est vrai. Elle sourit également, mais plus élégamment.

____Mon cavalier accéléra alors pour rejoindre la tête du groupe. Nous arrivâmes en haut d’une côte. En contrebas, Ternath. La plus grande ville du royaume de Leknart. Les habitations s’étendaient le long de la rivière qui la traversa avec au milieu l’immense forteresse circulaire qui enveloppa la moitié de la ville. Au centre, une grande bâtisse attira l’œil, sans doute le palais du roi. D’après les dires des anciens du village, Ternath était une ville jeune, que fit construire les ancêtres du roi actuel pour quitter une malédiction qui toucha la famille royale depuis les millénaires dans la forteresse historique d’Hectrall. Je n’en savais malheureusement pas plus.

____Quand je repris mes esprits, nous avions entamé la descente vers Ternath. Les portes à l’entrée s’ouvrèrent à notre arrivée. Je regardai à droite, à gauche. Tous me paraissaient immenses. Nous étions dans une longue rue. Les habitants arrêtèrent leurs occupations pour nous regarder passer, et saluer la cavalerie. Nous arrivâmes alors sur une grande place et nous nous y arrêtâmes. Lylia et moi descendirent de nos chevaux respectifs. Ebert s’avança vers nous :
- « Voila, vous êtes en sécurité désormais. Je vous laisse ici, je dois aller faire mon rapport au roi. Lylia, vas au couvent, les nonnes t’accueillerons. Rahel, je ne peux pas t’aider plus. Sois seulement là demain, au rassemblement de neuf heures. »

____Ebert partit en direction du palais, ces cavaliers suivirent. Lylia se tourna alors vers moi, pour me dire au revoir. Elle ne me parla pas, elle s’approcha seulement pour me faire une bise sur la joue. Après, je la regardai partir, immobile, frissonnant. Un vieillard m’interpella alors. Il était assis au pied d’un mur. Barbe blanche, béret et enveloppé dans une couverture marron. Il me fit signe de me rapprocher. Comme je ne savais quoi faire, j’obéis. Je m’asseyais à coté de lui et il me parla :
- « Tu viens de la campagne, n’est-ce pas ? »
Je fis signe oui de la tête. Il continua :
- « Tu sais, aujourd’hui, tous les habitants du royaume rejoignent les villes. Les maisons poussent comme des champignons autour de la forteresse pour leur sécurité et l’aide du roi en cas de problèmes. Aujourd’hui Leknart est coupé en deux, les fidèles du roi et ceux qui se rallient à Léhmarr, qui pillent et brulent tous les villages. »
- « Mais pourquoi vous me dîtes cela ? » m’étonnais-je.
- « Parce que Leknart est en guerre. S’ils t’ont ramené ici, ce n’est pas par hasard. Le roi va lancer une grande offensive sur Léhmarr. Prépares-toi bien. »

____Je regardai le sol, faisant abstraction de paroles du vieillard. Je n’entendis que quelques mots qui résonnaient dans ma tête : Leknart, Kershyl, guerre. Le vieil homme me prît alors l’épaule et me chuchota à l’oreille :
- « Sois fort ! Penses à tes proches et la mort ne t’effraiera pas. »

____Je le regardai soudainement, silencieux, d’abord étonné puis mon visage commença à se plisser, mes yeux à s’humidifié. Le Soleil se coucha peu à peu, les nuages s’épaissirent et amplifia l’arrivée de la nuit. Le vieillard m’offrit une pomme et sa couverture avant de partir. J’enfilai la couverture car la pluie commença à tombé. Les gouttes d’eau glissèrent sur mon visage et se mêlèrent à mes larmes. J’avais peur ! Peur du lendemain, du futur, de cet endroit inconnu. Je me mettais à l’abri sous un haut-vent en bois, laissant la pomme sur place. Le sommeil m’emporta et je repensai aux bons souvenirs que j’avais avec papa, maman, Tiliam et les autres…

____Je me réveillai en sursaut, le cœur battant. Une sonnerie déchira l’air sans altéré les allées et venues des passants. Les nuages de la veille ont laissés place au Soleil. Il est déjà tard. Je me souvins alors des paroles d’Ebert et du rassemblement. Je demandai la direction du palais royal à un commerçant et m’y rendis. Là, des milliers de soldats, de cavaliers, et d’homme en civil. Quelqu’un prit alors la parole :
- « Soldats de Leknart ! Aujourd’hui sera un jour historique, un jour où nos femmes, nos enfants seront fier de nous car aujourd’hui sera le jour de la victoire. Nous allons renvoyer ces traitres de Léhmarr dans l’oubli. Pour le roi ! »
- « Pour le roi ! » répéta tout le monde en cœur.

____Un soldat m’emmena alors avec lui et avec d’autres hommes dans la même situation que moi vers une grande bâtisse à coté du palais. C’était l’armurerie. Je me laissai entrainer par l’hystérie tout autour de moi. Je ne me débattais pas, je ne parlai pas. Peu de temps après je me retrouvai dans les rangs à coté de soldats avec une armure, un casque, une épée et un bouclier.

____Ternath se vida alors de ses soldats. Sur notre passage, les femmes et les enfants nous lancèrent des fleurs. J’étais sur le coté gauche de mon régiment. Seule une rangée de soldats me sépara de la foule. Nous quittâmes la ville par la grande porte Ouest. Une journée de marche nous attendait. Tout au long de notre avancée, des champs guerriers résonnaient. Nous nous arrêtâmes dans la petite ville déserte de Gilhall pour passer la nuit. Je m’endormis près d’un feu de camp et entouré par mes compagnons d’infortune. Le lendemain matin nous fûmes réveillés de bonne heure. Le ciel était rouge, annonçant la couleur de jour. Après un bref petit déjeuné, nous repartîmes. Trois heures plus tard, les montagnes d’Arhsoul apparurent, à ces pieds Léhmarr, troisième ville de Leknart. Petites maisons accolées entourant la résidence principale avec une tour centrale assez haute. Nous voilà désormais aux pieds de la ville. Il n’y avait aucunes défenses, nos ennemis nous attendant à l’intérieur de la cité.

____J’étais à peu près au milieu de l’armée. Heureusement, j’avais peur de me retrouver devant, à la merci des possibles archers. Il y avait une allée sur la gauche juste après un compagnon inconnu. Le capitaine passa et s’écria :
- « Vous voilà face à votre destin, le destin de votre royaume. Vous combattrez jusqu’à la mort pour l’honneur de votre peuple, pour l’honneur de votre roi… »

____Il était maintenant trop loin pour que je puisse l’entendre. Un vent glacial souffla dans nos rangs. Nous avions en face de nous des rues désertes. Je me posai des questions : « Où peuvent-ils être ? Combien sont-ils ? » Je n’avais évidement aucunes réponses. Je regardai partout autour de moi. Mon compagnon de droite tremblait. Je regardais à ces pieds : le sol étaient mouillés. Je ne ressentais pas la peur de mourir, mais de décevoir, de me sentir inutile. D’être inutile si je mourrai sans tuer un ennemi. Ce sentiment me jeta un glas, avec une boule au ventre. Des cris sanguinaires nous parvinrent de l’avant. Au milieu on pouvait distinguer : « A l’attaque ! », « Pour le roi ! ». C’était partit.

Je m’appelle Rahel, j’ai 21 ans. Je suis fils de fermier et me voici enrôlé de force pour la guerre et pour l’honneur de mon royaume.




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