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 Comme un présentiment [à lire]

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Jah
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Masculin Nombre de messages: 6344
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Localisation: Brésil
Date d'inscription: 02/08/2005

MessageSujet: Comme un présentiment [à lire]   Ven 6 Jan - 0:07

Chapitre 1



Addis Abeba. 21h. Calme plat sur la capitale Babylonienne. Jonché sur le versant Ouest de colline d'Emeraude, surplombant l'Océan du Lion, un homme était assis en tailleur. La légère brise, qui soufflait en cette chaude soirée d'été, soulevait ses longues dreadlocks et sa toge de coton tissée grossièrement. Visage creux, barbes de plusieurs mois... Rien n'ébruitant le statut que pouvait tenir cet homme.
Jah Rastafari avait toujours vécu pauvrement et ce n'était pas son statut d'Empereur qui le changerait.

Empereur... Lui, né dans les sombres rues de l'Abyssinie, grandissant dans les ghettos, errant de petit boulot en petit boulot. Il apprit la vie dans la rue, à la dure. Celle-ci lui enseigna bien des choses. Comme si leur langage était commun, il savait anticiper.
"Un 6ème sens" disait-il, rieur.
Il quitta la terre, juste avant le Génocide de son peuple. Coup de chance pour certains, vision prémonitoire pour d'autres. Il n'en dit jamais rien.
Et lorqu'il se trouva une nouvelle planète il fut sacré Empereur par ce qu'il restait de son peuple.
Un Empereur, oui, mais un homme avant tout. A la fois simple, teinté d'humour, mais sachant se montrer sérieux, droit et très dur lorsqu'il le fallait. Il savait exactement quoi faire au moment opportun. Rien n'était abandonné aux durs lois du hasard, même s'il devait mener la vie dure à son peuple. Et celui-ci le respectait pour ça.
Cependant certaines de ses manières ne plaisaient pas à tous. Un statut de "pseudo-anarco-jemenfoutiste" le suivait d'ailleurs un peu partout; notamment à cause de ses accoutrements fantaisistes, de sa certaine philosophie de la vie et des substances qu'il inhalait. Mais ils se moquaient bien de ce que les autres Seigneurs pensaient de lui... Il savait ce qu'il faisait et ce qu'il avait à faire. C'était le principal.

Et c'est ainsi que Jah était installé là. Pensif. S'éloignant de ses obligations pour quelques heures, il admirait le coucher de Soleil. Un long cigare de Marijuana accompagnait habituellement ses moments d'isolement qu'il passait à chanter ou à proser. Mais ce soir, le coeur n'y était pas. Tout était calme, trop calme...




Chapitre 2


"Tilit! Tilit! Tilit! Tilit!"
"Mon transmetteur!" fit Jah, sursautant.
L'obscurité qui le recouvrait désormais lui laissa penser qu'il s'était assoupi un moment. Il fouilla rapidement dans une de ses poches et en ressortit le petit appareil. Il l'ouvrit et vit alors son Général, Marvey Hunt, inquiet.
"Oui Général? Que se passe-t-il pour que vous me réveilliez de la sorte?
- Euh... Et bien...Nous avons un léger problême Sire. Nos experts en espionnage aurait détecté une sonde aux abords de notre tellosphère.
- Très bien. Et l'ont-ils interceptée ou détruite?
- Non Sire! Nous n'avons malheureusement pas eu le temps! Cependant, tout laisse à penser qu'il s'agit du seigneur Mairut. Le seul possédant des sondes aussi sophistiquées dans les systêmes environnants.
- Hum... Je vois... Ceci ne me dit rien de bon..."

Un silence suivit puis Jah de demander:
"Et plus rien depuis?
- Non Sire!
- Très bien Général. J'arrive de ce pas à la base. Pourriez-vous me faire parvenir mon chasseur léger personnel?
- Oui Sire! Dans l'instant même!
- Merci! Déconnection.

Jah s'étendit de tout son long sur l'herbe rafraichit par la rosée. Scrutant les étoiles, il se dit qu'il avait eu raison. Quelque chose se tramait non loin de là. Des conflits diplomatiques avaient déjà eu lieu entre Mairut et lui-même. Il connaissait cet homme: un guerrier redoutable, sans pitié. Mais aussi très respecté. Que préparait-il?
Sa main tâta sa poche droite. Il en ressortit un sachet d'herbe sur lequel était inscrit en lettres d'or:
"JahWeed
Probablement la meilleure weed de l'Univers.
Produite biologiquement sur GanjaPlantation.
JahCorp®"

Il roula son cigare, regardant désormais au loin. Le reflet de la Lune sur l'océan semblait lui sourire. D'un sourire sadique.
Allumant son joint, il se rallongea, attendant son véhicule.



Chapitre 3


Dix minutes s'écoulèrent. Dix longues minutes pendant lesquelles il médita. Il se concentra et tenta de faire le vide dans son esprit. Plus rien ne devait rester. Seulement son instinct. De nombreuses images défilèrent: floues, rapides, sombres. Il se concentra encore...
Il ouvrit les yeux, horrifié. Il se releva d'un seul et même mouvement. Il jeta son mégot fumant et s'empressa de rejoindre son QG à grandes enjambées. Jamais il ne vit pareille chose: Du feu! Du sang!

Les lumières d'un immense bâtiment de verre scintillaient au loin.
"Plus vite!" se dit-il.
Deux étincelles brillaient plus particulièrement et semblaient se rapprocher. Elles grossissaient et l'aveuglèrent. Il s'arrêta et reconnu immédiatement le bruit d'un réacteur à combustion. Sans aucun doute celui qu'on lui avait affrêté. Il leva les bras et le chasseur léger stoppa net. Il se posa et le soldat qui était aux commandes le salua.
"Repos soldat! Et bien?! Vous avez mis du temps!
- C'est-à-dire que... Je... Enfin, j'ai...
- Taisez-vous et foncez au Quartier Général!
- A vos ordres!"

Et c'est à la vitesse du son que les deux hommes s'approchaient d'Addis Abeba, plus grande Cité Babylonienne.
Jah remonta sa manche. Minuit.





Extirpant son transmetteur depuis sa poche kangourou, il contacta Marvey Hunt.
"Général?
- Oui, Monseigneur?
- Contactez tous mes Généraux! Qu'ils soient au Centa (nom employé communément pour le QG) dans les quinze minutes!
- Très bien Sire. Quoi d'autres?
- Demandez à tous les ingénieurs en espionnage de se tenir qur le qui-vive ainsi qu'à mes soldats. J'ai un mauvais présentiment.
- Euh... D'accord. Mais ne serait-ce pas quelque peu prématuré? Ce ne sont finalement que quelques sondes et rien ne nous affirme que... (Jah coupa)
- Discuteriez-vous mes ordre?!
- Non! Non Sire! Mais c'est simplement que... (Il coupa de nouveau)
- Alors faites-le!
- A vos ordres...
- Déconnection."


Chapitre 4


Le chasseur se posa quinze minutes plus tard sur l'astroport du Centa.
"Nous y voici Monseigneur!
-Merci soldat. Vous pouvez disposer."

Jah n'attendit pas que l'escalier s'abaissât et sauta de l'appareil.
Le général Hunt l'attendait. Ils s'empressèrent de rejoindre la Salle du Conseil.
Les couloirs du bâtiment étaient déserts et respiraient la propreté; un horrible mélange d'alcali et d'eau de Jave qui leur donna la nausée. Marvey n'y tint pas attention, trop préoccupé par les ordres de Jah Rastafari, et tentait de le suivre tant bien que mal. Il voulut comprendre.

"Sire?
- Oui?! répondit Jah sèchement.
- Pourquoi tant de dérangements Monseigneur? Nous avons connu bien d'autres tentatives d'espionnage sans pour autant sonner le branle-bas de combat.
- Oui... En effet... Mais cette fois c'est différent.
- Ah?! Et c'est votre intuition qui vous dit de réveiller vos Généraux et vos pilotes au beau milieu de la nuit?!
- Mon intuition ne vous a-t-elle pas déjà sauver la vie?
- Veuillez m'excuser Sire."

Ils entrèrent dans la Grande Salle. Une atroce odeur de cigare remplaçait celle des nettoyants pour sol. Les Généraux étaient tous déjà attablés.
Jah pris place en bout de table tandis que Marvey s'assit à sa droite.
"Bonsoir Messieurs! Pardonnez-moi de vous avoir réveiller en pleine nuit, mais le Seigneur Mairut, avec lequel nous avons déjà eu quelques altecations nous a envoyé des sondes ce soir-même. Et il ne serait pas étonnant qu'il... "
Un hologramme apparut. C'était l'ingénieur en chef.

Gzzzz! Gzzzz! Gzzzz! Gzzzz!
Code:
"Six nouvelles sondes viennent d'être détectées il y a cinq minutes. Sans aucun doute les même que précédemment. Nous n'avons malheureusement pu en détruire que cinq. Fin du rapport."

Gzzzz! Gzzzz! Gzzzz! Gzzzz!

"Et bien voilà! dit Jah d'un ton plus solennel.
Messieurs! Tenez-vous prêts à partir pour Jah Island dans l'heure. Rassemblez nos stocks de minerais dans des Transporteurs et préparez également la flotte de guerre. Celle-ci vous escortera jusqu'à destination. Je compte sur votre rapidité d'exécution!
La réunion est close."

Les douze Généraux se levèrent, saluèrent dignement leur souverain et quittèrent Da Centa, se hâtant de rassembler leurs troupes.
Jah resta, quant à lui, assis, l'oeil fixé sur des rapports d'espionnage qu'il venait de demander. La colonie volante de Mairut était vide. Il était en chemin...
Les quelques feuilles lui glissèrent des mains. Il scrutait désormais la voûte céleste à travers les immenses baies vitrées. Là-haut, quelque chose se préparait...


Chapitre 5


Ce soir-là, Steppin' Razor, la base militaire babylonienne était calme.
La quarantaine de lieutenants qui y vivaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre, passaient en revue les troupes avant de les laisser prendre un repos mérité.
Minuit n'eut pas le temps de sonner que l'alarme du camp se mit à hurler. Les projecteurs s'allumèrent ainsi que les girofares placés sur les toits. Lorsque le vacarme cessa, une voix résonna dans l'enceinte militaire. Marvey Hunt, bras droit de l'Empereur, demandait aux soldats de se tenir prêt.
Dépités, ceux-ci rentrèrent à leurs appartements afin de se remttre en tenue. Le silence qui accompagnait la préparation de ces hommes était entrecoupée de jurons à peine murmurés ou de coups de poings dans les murs. "Encore ce putain d'exercice" se dirent-ils.
En effet, en ces temps calmes, ce genre de tests étaient courants et permettaient aux soldats de toujours rester vigilants.
Dix minutes plus tard, tous se tenaient en rang par cinq au centre du Steppin' Razor. Les lieutenants vérifièrent alors qu'il ne manquât personne.
Immobiles, tous attendirent cinq grosses minutes comme à leur habitude. Ils s'apprêtaient à rejoindre Morphée lorsqu'une autre voix retentit. C'était le Colonel John Skunk, le chef du Steppin' Razor .

"Soldats! ceci n'est pas un exercice! Je répète! Ceci n'est pas un exercice! Sur ordre de Sa Majesté Impériale Jah Rastafari, vous devez rejoindre vos Transporteurs et les emplir de minerais qui vous sont, en ce moment même, acheminés par camions et par trains. Une fois le remplissage effectué, vous partirez pour Jah Island. La flotte de combat devra également escorter ce transport. Enfin, je demande à tous les soldats restants de se positionner sur nos mécanismes de défense. Nous comptons sur vous!"

Dans l'assistance, bouche béante, oeil hagard, les soldats se regardèrent, sans bouger. Jamais une alerte ne fut aussi sérieuse. Devant le danger qui semblait imminent, la fourmilière humaine se mit en route.
Chaque seconde comptait.

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Jah Rastafari
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Jah
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MessageSujet: Re: Comme un présentiment [à lire]   Lun 27 Fév - 23:24

SUITE


Les cargaisons de minerais et les énormes fûts de deutérium affluaient en masse. Tout le monde s’affairaient autour des transporteurs afin de les emplir le plus rapidement possible. Trois quarts d’heure suffirent et les soldats prirent alors place dans leurs vaisseaux respectifs.
Haletant et dégoulinant de sueur, ils comprirent en quoi leurs travaux physiques quotidiens étaient utiles. Les pilotes enclenchèrent le bouton de présence signalant leur disposition au décollage.
A 1h00, les moteurs vrombirent. Seule l’autorisation au décollage se faisait attendre.


Chapitre 6


Jah Rastafari patientait dans son bureau, recevant, toutes les dix minutes, des rapports détaillés sur les chargements en cours. Les cigares qu’il fumait n’attisèrent que peu l’effusion de tension et de stress qui grimpait en lui. Une bouffée de THC suivait chaque montée de magma nerveux. Le volcan aux longues dreads allait entrer en éruption lorsque le dernier rapport sortit du fax. La lave refroidit et redescendit dans ses entrailles. Tout était près. Il n’avait plus qu’à donner le signal du départ.

C’est alors, qu’au travers des énormes fenêtres de son bureau, il lui sembla que la voûte céleste s’assombrit. Les étoiles disparurent une à une du panorama. Le ciel se rapprochait irrémédiablement du sol babylonien. Lorsqu’un premier éclair déchira le silence de cette nuit, tous surent alors que ce n’était pas le ciel qui leur tombait sur la tête ; mais bel et bien des vaisseaux. Des dizaines de milliers de vaisseaux. Dès lors, on les distinguait très bien. Ils remplissaient l’horizon de leur carcasse métallique.
Jah, soudain atteint de la maladie de Parkinson saisit, tant bien que mal, son transmetteur puis d’une voix terrorisé lança :

« ILS NOUS ATTAQUENT ! ILS NOUS ATTAQUENT ! TOUT LE MONDE AU COMBAT ! »

Le coup de tonnerre venu d’en haut fut suivi par des milliers d’autres. Une impressionnant armée de chasseurs légers entamaient les hostilités. Juste derrière, plusieurs centaines de vaisseaux de bataille imposaient leur puissantes artilleries lasers.
La réponse venue d’en bas ne se fit pas attendre, mais l’armada babylonienne ne faisait que chatouiller les massifs vaisseaux de bataille. Certes, une centaine de chasseurs légers ennemis partit en fumée mais ils revenaient ; plus nombreux encore.
La faible flotte babylonienne fut réduite rapidement à néant du fait du manque d’expérience de ses pilotes.
Seule la défense semblait tenir bon. Mais lorsque la ligne attaquante, composée de destructeurs, fit feu il ne restât guère que les prières pour se défendre. 15 minutes. C’est le temps qu’il avait fallu aux hommes de Mairut pour détruire toute artillerie babylonienne.


Chapitre 7


L’ennemi mit pied à terre un peu partout, pillant et saccageant tout sur son passage. Leurs transporteurs se remplissaient petit à petit et finirent de se charger avec les minerais trouvés au Steppin’ Razor.
Pendant ce temps, un escadron de chasseurs légers prit la direction du Centa.
Ils se stationnèrent au-dessus et le plus gros d’entre eux se posa sur l’astroport. Deux soldats en descendirent, suivi d’un homme plus grand, plus fort. Il portait un uniforme assez banal surmonté d’un béret rouge. On eut dit qu’il put étêté n’importe qui d’un simple revers de main. Sa masse physique n’avait d’égale que le diamètre du cigare qu’il s’alluma. Puis, le serrant entre ses dents, il sourit. Le sourire que portent les vainqueurs face à la débâcle adverse.



Escorté pas ses deux « chiens de garde » il pénétra dans le bâtiment. Il frappa au bureau de l’Empereur.
Jah était à genoux, la tête dans les mains, noyé dans les larmes. Il s’essuya d’un revers de manche.
" Mairut serait trop fier de me voir pleurer ", se dit-il.

Ce dernier n’attendit pas qu’on le lui autorise mais entra en fracassant la porte. Il prit la parole :
" Argh !! J’ai horreur d’attendre !!! Belle soirée n’est-ce pas ?"

Jah ne prit pas la peine de répondre, baissant simplement la tête.

" Auriez-vous perdu votre langue Seigneur Rastafari ? Quelle dommage… J’aime tellement vous entendre parler…
Ah… Mais je sais ! Vous avez mal dormi ! C’est ça ?"

Ses deux chiens de garde s’esclaffèrent.

" Et bien… Vous ne semblez pas avoir la tête à rire.
Jah releva la tête :
- Votre cruauté est sans égal ! Vous avez massacré tous mes soldats ! Pillé tout ce que vous trouviez !
- Voyez-vous ça?! Monseigneur aurait-il retrouvé sa langue ?!"

Une sonnerie retentit depuis son poignet. Il consulta l’heure puis s’exclama :
" Ah… Et bien voici mes recycleurs. Cinq minutes vingt! Plutôt pas mal ! Pour répondre à votre question, je venais simplement vous narguer. Et bien oui ! Une humiliation comme celle que je viens de vous infliger méritait bien le détour par votre QG, non ?
Je viens également vous dire que je vous laisserais vivre. Vous tuer ne m’apporterais rien. Soyez heureux de ma clémence. D’autres n’y ont pas eu droit…
- Votre clémence ? Vous plaisantez j’espère ? Plutôt mourir que de vous considérer clément !
- Non ! N’insistez pas ! Je ne vous ferai pas ce plaisir ! J’aurais cependant apprécié vous voir donner des explications à votre peuple mais malheureusement les affaires m’attendent…
Il sourit puis reprit :
- Bien Monseigneur Rastafari. Ce fut un réel plaisir ! Au revoir !
Il écrasa son énorme cigare sous la semelle de sa botte et s’en alla. Ses deux soldats le suivirent.
Jah était de nouveau seul. Que faire ? Rien. Attendre.


Chapitre 8


Il observa à travers les vitres, l’armée ennemie se retirer. Puis plus rien. Le silence absolu. Le néant. La froideur du trépas. L’obscurantisme d’un requiem. Assourdissant. C’est cela. Le silence était assourdissant. Son poids trop lourd. Son odeur trop âpre...

[A SUIVRE]

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MessageSujet: Re: Comme un présentiment [à lire]   Dim 6 Aoû - 20:27

Il frissonait. Il faisait si froid. La peur lui glaçait le sang. Pas celle de l’ennemi, mais celle de son peuple. Comment s’expliquer face à une telle déroute ? Comment assumer ? Il décida de le faire de suite. Il convoqua Marvey Hunt. Ses généraux s’étaient réfugiés dans un Bunker non loin de la ville durant l’assaut et il arriva, donc, dans les 5min.

« Bonsoir Marvey.
- Bonsoir Sire. Triste soirée n’est-ce pas ?
- Triste soirée ? ! Mais est-ce donc tout ce que vous avez à dire une telle situation ? ! Mais ce n’est pas "triste" ! C’est une CATASTROPHE ! Nous avons perdu des milliers de soldats, d’hommes ! Parce que ce sont des hommes avant tout ! Des pères de famille, des fils de citoyens, des frères! Ce sont nos frères Marvey ! Comment vont donc nous regarder toutes ces veuves et orphelins ? ! Et tout ce que vous avez à dire c’est : « Triste soirée ! » Mais vous vous foutez de moi ? !
- Veuillez m’excuser…
- Non ! excusez-moi Marvey. Je m’emporte. »

Puis Jah se mit à sangloter. Les nerfs craquaient. Le pression était forte, trop forte peut-être…

« Mais qu’allons-nous faire Marvey ? Je ne me sens plus capable de faire quelque chose. Je me sens inutile Marvey ! Inutile ! Je suis un incapable ! Cria-t-il, tout en continuant de pleurer.
- Non Sire, ne dites pas ça.
- Mais si Marvey. Je me sentais puissant, trop sûr de moi. Et tout ce que j’ai fait, c’est enterrer ses pauvres soldats qui ne pensait qu’à une chose, vivre une vie paisible avec leurs femmes et leurs enfants ! »

Marvey ne sut plus quoi faire et décida alors de monter d’un ton. Tentative périlleuse qui pourrait l’entrainer au ban, certes, mais il fallait essayer. Il ne supportait plus de voir pleurer son Seigneur comme un enfant.

« Cessez de pleurnicher Sire ! Non mais vous vous êtes vus ? Pensez-vous que le peuple serait content d’apprendre que son roi, Son Altesse Sérénissime Jah Rastafari est en train de chialer comme un enfant qui a cassé son jouet et est incapable de réagir ?! Pensez-vous qu’il serait content d’apprendre que celui qui a fait leur bonheur et leur richesse depuis déjà des dizaines d’années se prend pour un incapable ! Sire ! Réveillez-vous ! Bon sang ! Vous devez assumer ceci. Vos hommes, ces pères de familles, nos frères, savaient dans quoi ils s’engageaient ; et étaient prêts à payer de leur vie leur engagement. Ils ont sacrifiés leur vie pour leurs familles, leurs femmes, leurs fils, leur ROI ! Ils se sont battus pour nous Sire ! Alors essuyez-moi ces larmes, ressaisissez-vous et tenez vous droit. Vos hommes étaient des plus courageux, vous leur devez un hommage. Vous pouvez être fier d’eux ! Je convoque les médias. Préparez-vous ! Vous et Votre discours.»

Marvey ouvrit la porte et sortit. Jah n’en revenait pas. Il restait béat devant la surprenante audace dont venait de faire preuve son bras droit. Il ne savait plus quoi penser. Son humeur se situait entre la colère et l’hallucination…
Il ne comprenait pas ce qu’il venait de se passer… Mais il se dit qu’il avait finalement raison et fit ce que Marvey lui avait dit.

Ce dernier s’était arrêté 5 minutes dans le couloir, adossé contre un mur. Son palpitant était monté à 180 battements par minutes en seulement 30 petites secondes. Il ne savait pas comment son supérieur prendrait ce qu’il venait de lui dire.

« Suis-je fous ? Pourquoi ai-je fait ça ? » se dit-il.

Il transpirait à grosses gouttes mais devait finir ce qu’il avait commencer, mais si cela devait lui coûter la vie.
Il envoya un message holographique à l’ABP (Agence Babylone Presse) :

Code:
Le Seigneur Jah Rastafari s’exprimera dans 2 heures au sujet des événements de cette nuit. Une seule caméra est convié.

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MessageSujet: Re: Comme un présentiment [à lire]   Lun 11 Sep - 16:38

4h30. Palais Royal.

Jah, qui avait enfilé sa magnifique tenue de cérémonie, se tenait debout face aux dizaines de caméramen et de photographes, le regard encore flouté par les larmes non séchées.

Il sortit un morceau de papier de sa poche et le posa tranquilement devant lui.

Il s'éclaircit la gorge puis se lança:

"Concitoyennes, concitoyens, mes amis, mes frères. C'est un drame sans précédent qui m'amène aujourd'hui devant vous. Vous, qui me donniez, qui me donnez votre confiance depuis tant d'années déjà. Ce drame terrible qui s'est produit cette nuit, il ne me semble pas utile de vous l'expliquer, de vous le détailler. Non.
Si je suis devant vous en cette heure tardive, c'est plutôt pour rendre hommage. Un hommage à des hommes (vos amis, vos pères) qui ce sont battus pour vous, pour nous, pour leur Nation. Et qui l'ont fait avec leur foi, avec leurs tripes, leurs couilles! Des hommes qui n'ont pas eu peur devant l'adversité et qui ont su lever bien haut l'étendard de notre Patrie. C'est pour cela que je suis devant vous maintenant. Pour vous dire, pour LEUR dire combien nous sommes fiers d'eux, combien nous nous devons d'être fiers d'eux. Certes, ceci ne vous les ramènera pas mais je tenais à ce que ces hommes aient l'estime et l'honneur dus à leur rang, à leurs actes. Paix à leur âme."

L'Empereur descendit de son pupitre puis commença a partir, alors que le silence oppressant de la salle était à peine dissimulé par le crépitement des flashs photographiques et les ventilateurs des caméras. Puis, alors qu'il arrivait près de la porte de sortie, il fit demi-tour et se réinstalla devant le microphone. Puis d'un ton plus que solennel, dit:

"Veuillez m'excuser. Je démissionne de mes fonctions d'Empereur."

Un brouhaha gigantesque éclata dans la salle. Son Altesse Rastafari s'enfuit à grandes enjambées. Marvey lui courra derrière et parvint à le rattrapper.

"Non mais vous n'allez pas bien Sire? Qu'est-ce que vous racontez?
- Laissez-moi Marvey!
- Non Sire, vous ne pouvez pas abandonner votre peuple comme ça. C'est bien trop facile.
- Quelqu'un d'autre me remplacera facilement.
- Ce n'est pas de quelqu'un d'autre que votre peuple a besoin, mais de vous.
- Ne dites pas de sottises Marvey. Vous feriez un aussi bon travail que moi, vous le savez.
- J'en doute fort Monseigneur. Je n'en ai pas votre charisme, votre spontanéité, votre savoir-faire avec les gens.
- Mais si, mais si.
- Sire, oseriez-vous livrer votre peuple à lui-même? Le laisser seul, dans son malheur? Pensez-vous qu'il s'agisse de la bonne période pour vous en aller. Allons! Ne soyez donc pas si lâche."

A l'écoute du mot "lâche", Jah fronça des sourcils et regarda Marvey d'un regard d'encre.

" Je vous demande pardon Marvey?
- Oui, Sire. Si vous partez maintenant vous êtes un lâche.
- Très bien. Nous allons bien voir si mon peuple veut encore de moi après cette déroute fracassante. Après, la sacrifice d'un armée entière...
- Ne dites pas ceci.
- Et bien nous verrons. Organisez un référundum.
- Avec plaisir.

Marvey sourit, et s'en alla.


[A SUIVRE]

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MessageSujet: Re: Comme un présentiment [à lire]   Mer 31 Jan - 22:40

Commentaires dans le forum "Votre Avis".
Merci. Wink

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